Ces images qui nous envahissent…

Avez-vous remarqué combien notre oeil s’éduque à notre environnement sans même y prêter attention ? Non, c’est tout à fait normal… La technologie numérique avance à grand pas et il est même annoncé une révolution dans les années à venir. Cette avancée est toute proche et s’annonce comme un changement radical de la technologie pour notre siècle. C’est une ère nouvelle que nous abordons sans nous en rendre compte au quotidien. L’image est prédominante et présage ce changement…

Notre oeil s’éduque ?

Oui ! Sans aucun problème et contre notre volonté… Nous ne faisons même plus attention aux manipulations des images fixes, tellement le cinéma, la pub quotidienne et redondante influent sur notre regard. Notre discernement est affecté par ces évolutions numériques et l’apport de la blogosphère des artistes digitaux qui s’invitent aujourd’hui dans notre quotidien. Des sociétés comme Adobe sont en constant progrès avec le pack Creative Suite qui est composé de 14 logiciels, dont une partie traite de l’image… L’entreprise américaine a compris depuis fort longtemps les enjeux monétaires mais également sociaux qui impactent notre vie. L’image est une constante de notre univers social. L’image de soi, l’image des autres, l’image culturelle, l’image de l’enfant etc… Notre oeil consomme quotidiennement des millions de données sans même y prêter attention. Il faut, soit prendre du recul, ou être un acteur de cette évolution. Les photographes, les infographistes, les cinéastes, l’ensemble de la chaîne créatrice d’émotion est un pion, un facteur de l’éducation visuelle des êtres humains. L’environnement urbain est peut-être, avec la télé omniprésente dans les maisons, le premier élément qui expose à notre regard ces changements éducatifs de notre vision. La pub joue totalement de ces codes et elle demande au travers de ces agences des analyses fines du public cible. L’univers de la musique influe également sur notre regard et il applique les mêmes stratagèmes que la publicité. Prochainement, nos petites têtes blondes féminines et enfantines vont voir sur scène le retour (source anglaise) des boys bands avec des codes vestimentaires, donc visuels, qui vont impacter leur regard et même jouer sur leur libido (hormones) pré-adolescente ! Là, nous touchons le fond pour ma part… Mais il s’agit d’un autre débat.

Les artistes…

L’univers artistique d’une certaine manière s’est invité dans la pub… C’est un grand raccourci  que je fais, je vous l’accorde ! Une grande partie des artistes qui manipulent l’image sous toute ces formes est aujourd’hui acteur conscient ou pas de la chaîne éducative de notre vision. Moi-même, je suis un membre actif et participatif de cette éducation collective des peuples… C’est aussi un fait avéré par les autorités de tutelles ! Les artistes n’ont jamais été autant impliqués dans la créativité quotidienne des images à grande échelle, que ces dernières années. Le street art ou le graffiti ont joué un rôle dans cette évolution des moeurs. Des écoles se sont ouvertes sur ce monde imaginatif et elles prospèrent depuis quelques années. Les cycles d’enseignement s’appuient sur l’éducation des élèves à l’art contemporain et son histoire. Des sociologues comme Pierre Bourdieu décrivent notre société avec une minutie et une grande lucidité. Les ingrédients sont tous réunis aujourd’hui pour apporter au public des résonances à fort pouvoir émotionnel. Ici, c’est une société de location de véhicules qui a demandé à l’artiste parisienne Miss Tic de prêter son image et sa plume ! Ils sont nombreux les artistes du graff à donner de leur personne au travers de leurs oeuvres dans le marketing publicitaire. Il est par conséquent normal de retrouver des artistes de l’art digital dans ces entreprises, ces studios de productions (voir Digital District).

Des questions !

Il y en aurait énormément à se poser, je crois ! Pouvons-nous nous protéger (avec nos enfants) de cette influence massive des dernières technologies digitales, informatiques ? Je n’y crois guère à moins de s’imposer un régime drastique des images diffusées chez soi; Ce qui implique de couper la télévision, l’ordinateur, la console de jeux etc. De vivre comme dans l’excellent film de Nicolas Vanier, Le Dernier Trappeur, soit au fond d’une cabane dans un environnement sauvage et loin de toute forme de civilisation.

C’est possible à notre époque, mais n’est-ce pas un repli, un refus d’évoluer avec son époque ? La question mérité d’être posée et débattue à l’heure des épreuves du bac… Si j’ai pris conscience de cette métamorphose de ma vision, c’est parce que j’évolue dans le milieu urbain toute la journée. Je n’avais plus de discernement entre une image classique (sans retouche visible) et la créativité même subjective de ces dernières sur les panneaux publicitaires. Cette radicalité de ma vision m’a frappé et je n’ai pas aimé sentir que mon regard s’éduquait malgré moi… Un matin, j’ai eu l’impression que ma liberté de discernement, de jugement m’était enlevée, dirigée sans mon consentement et d’une façon manichéenne. Et, je suis pourtant acteur de cette évolution monographique…!

Là, je suis fan et coupable…

Pour en savoir plus c’est ici

A propos Chiffre sept

Photographe, infographiste, amateur...
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5 réponses à Ces images qui nous envahissent…

  1. gilderic dit :

    Le numérique a libéré l’imagination des artistes, au détriment parfois (souvent ?) de l’émotion. J’admire tous ces artistes, graphistes, photographes, illustrateurs, cinéastes qui utilisent ces nouveaux outils technologiques pour créer du jamais vu.
    Je déteste par contre tous ces suiveurs, publicitaires, qui les utilisent pour uniformiser la réalité, comme dans tous ces portraits de célébrités ou top-models retouchés à outrance…

  2. Phédrienne dit :

    Bonjour
    Je suis pleinement d’accord avec ça. La créativité est une chose, le nivellement des images par la retouche systématique en est une autre. La publicité est un éducateur de l’oeil intrusif et envahissant…..et qui privilégie une perfection très discutable par ailleurs aux nuances émotives et sensibles…Sans vivre comme un trappeur ( quoi que :) !), on peut être très sélectif et refuser notamment que la petite lucarane tourne à longueur de temps avec sa pollution visuelle et sonore ! Ou fermer son ordi pour aller muser dehors !

  3. Chiffre sept dit :

    Il est vrai que la retouche numérique a favorisée la manipulation avec beaucoup d’exagération dans la mode et le demeure… Il y a des professionnels pour ce faire et des photographes qui emploient ces talents. Je n’aime pas plus que vous ce côté de la photo portrait. La publicité n’y échappe pas non plus et lors de la dernière Créative Week; Ils annoncaient même un regain d’activité dans ce domaine. Le but de l’article est surtout d’alerter et soulever l’interrogation de soi par rapport à notre environnement. L’article paru aujourd’hui, de Phédrienne, complète ce billet. Je vous y renvoie avec beaucoup de plaisirs. http://phedrienne.wordpress.com/2012/07/30/le-regard-magique/

  4. Autumn dit :

    Dans un contexte différent de la "manipulation" des photos, au début de votre excellent article m’est venue cette pensée qu’au temps des cathédrales, tout était images, fresques, grands tableaux, lumière magnifiée par les vitraux, sculptures effrayantes ou gargouilles porte chance… Personne ne lisait. Tout dans l’image et peut être dans les voix. L’information transmise par l’image. Les hommes habitués, les décodaient, oui se faisaient aussi manipuler, certes. Je me dis que finalement rien n’a vraiment changé. Les mots ne l’emportent toujours pas.
    Si ça s’arrête à la pub, à la vente de lessive et de parfum, je me dis ce n’est pas si grave, c’est même parfois admirable.
    Si c’est pour le cinéma, pour faire rêver, j’adore.
    Si ça sert la manipulation profonde des personnes, intègre l’information politique et transforme les faits, ça fait peur.

    • Chiffre sept dit :

      Je vous remercie pour ce commentaire qui apporte une pierre supplémentaire aux propos. La manipulation orale ou écrite est un acte certainement très vieux dans l’histoire. La transmission était orale avant l’école, les précepteurs etc… Il est par conséquent envisageable que les mots oraux avaient leurs importances et impactes dans ces temps anciens. Les sites religieux s’appuient sur cette forme de langage au travers des représentations artistiques et ont toutes un langage propre. A ce sujet l’ordonnancement même des lieux est un langage sourd vers le peuple ! En avoir conscience c’est ce prémunir contre ces aléas.
      Merci à vous…

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